Introduction
Un thermomètre infrarouge fournit généralement des résultats stables sur les matériaux à forte émissivité, comme les plastiques mats, le caoutchouc ou certaines surfaces peintes. La mesure devient toutefois plus délicate sur l’aluminium, le cuivre, l’acier inoxydable poli et d’autres métaux brillants.
Même lorsque la température réelle de la pièce reste stable, la valeur affichée peut être trop basse, fluctuer ou varier avec l’angle de mesure.
Ce comportement ne signifie pas nécessairement que l’appareil est défectueux. Il s’explique souvent par la faible émissivité et la forte réflectivité de la surface mesurée.
Une méthode couramment utilisée consiste à appliquer une petite zone de ruban adhésif noir, à attendre qu’elle atteigne une température proche de celle du support, puis à effectuer la mesure sur le ruban.
L’intérêt de cette méthode ne vient pas simplement de sa couleur noire. Le ruban crée surtout une surface présentant une émissivité infrarouge plus élevée et plus stable.
Points essentiels
● Un thermomètre infrarouge mesure le rayonnement infrarouge provenant de la surface, et non directement la température interne de l’objet.
● Les métaux brillants présentent souvent une faible émissivité et une forte réflectivité, ce qui augmente l’influence du rayonnement réfléchi de l’environnement.
● De nombreux rubans électriques noirs mats présentent une émissivité relativement élevée et stable.
● Le ruban doit atteindre un équilibre thermique suffisant avec la surface avant la mesure.
● Le réglage d’émissivité du thermomètre doit être aussi proche que possible de l’émissivité réelle du ruban utilisé.
● Cette méthode est adaptée à de nombreuses surfaces à faible émissivité, mais ne convient pas à toutes les applications à haute température, en mouvement ou soumises à des contraintes particulières.
Pourquoi les métaux brillants sont-ils difficiles à mesurer directement ?
Le thermomètre infrarouge reçoit le rayonnement émis par la surface et calcule une température en tenant notamment compte du réglage d’émissivité.
Sur une surface à forte émissivité, une grande partie du rayonnement détecté provient directement de l’objet. La mesure est donc généralement plus stable.
Pour un métal brillant, la situation est différente. L’aluminium propre, le cuivre poli ou l’acier inoxydable brillant présentent souvent une faible émissivité et une réflectivité importante.
L’appareil peut alors recevoir non seulement le rayonnement émis par le métal, mais également une partie du rayonnement infrarouge provenant de l’environnement et réfléchi par cette surface.
Il peut s’agir notamment du rayonnement provenant d’un chauffage, d’une machine, d’une paroi chaude, d’un opérateur ou d’un autre équipement.
Ainsi, sans variation réelle de la température du métal, une modification de l’angle de mesure ou de la position de l’opérateur peut modifier le rayonnement réfléchi reçu par l’appareil et faire varier la température affichée.
Les métaux à faible émissivité figurent donc parmi les surfaces les plus exigeantes pour la mesure de température infrarouge sans contact.
Pourquoi le ruban noir améliore-t-il la mesure ?
Le ruban permet de créer une zone de mesure à émissivité plus élevée sur une surface qui serait autrement difficile à mesurer.
De nombreux rubans noirs mats présentent une émissivité relativement élevée dans les bandes infrarouges couramment utilisées. Par rapport à un métal brillant, une part plus importante du rayonnement détecté provient alors de la surface elle-même et l’influence du rayonnement réfléchi diminue.
Lorsque le ruban a atteint une température suffisamment proche de celle du support, la mesure effectuée sur cette zone est généralement plus stable que la mesure directe du métal.
On peut résumer le principe ainsi :
● Métal brillant mesuré directement : faible émissivité + forte réflectivité → forte influence de l’environnement.
● Zone recouverte de ruban : émissivité plus élevée + influence réduite des réflexions → mesure plus stable.
Le facteur déterminant est donc l’émissivité infrarouge, et non simplement la couleur noire visible.
Pourquoi faut-il attendre l’équilibre thermique ?
Le ruban n’adopte pas instantanément la température du métal après son application.
Au moment de la pose, il peut être à température ambiante alors que la surface est nettement plus chaude ou plus froide. Une mesure immédiate correspond alors à la température actuelle de la surface du ruban, qui peut encore être différente de celle du métal.
Par conduction thermique, le ruban se rapproche progressivement de la température du support. Lorsque l’écart devient suffisamment faible, sa température de surface peut être utilisée comme approximation de la température du métal.
Le temps nécessaire dépend notamment de :
● La température de la pièce.
● La matière et l’épaisseur du ruban.
● La conductivité thermique du support.
● La température ambiante et les mouvements d’air.
● La stabilité de la température de la pièce mesurée.
En pratique, il est préférable d’attendre la stabilisation de la valeur plutôt que de se baser sur une durée fixe.
Comment utiliser correctement un ruban noir ?
La procédure recommandée est la suivante :
● Choisir un ruban mat, correctement adhésif et compatible avec la température de service.
● Nettoyer la zone de mesure pour éliminer poussières, huile, salissures et couches d’oxydation non adhérentes.
● Appliquer le ruban à plat, sans bulles, plis ni bords décollés.
● Attendre un équilibre thermique suffisant entre le ruban et le support.
● Régler l’émissivité du thermomètre en fonction du ruban utilisé. Lorsque le fabricant fournit une valeur, celle-ci doit être privilégiée.
● Viser la zone recouverte et s’assurer que l’intégralité du spot de mesure se trouve à l’intérieur du ruban.
● Effectuer si possible la mesure selon un angle proche de la normale à la surface.
● Enregistrer la température après stabilisation.
Si la zone recouverte est plus petite que le spot réel du thermomètre à la distance utilisée, l’appareil détectera également le rayonnement de la surface métallique environnante. L’efficacité de la méthode sera alors réduite.
Quelle valeur d’émissivité utiliser pour le ruban noir ?
Une valeur proche de 0,95 est souvent utilisée pour certains rubans électriques noirs. Toutefois, tous les rubans noirs n’ont pas exactement une émissivité de 0,95.
L’émissivité réelle peut varier selon :
● La matière du ruban.
● Son niveau de brillance.
● Son épaisseur.
● La bande spectrale utilisée par l’appareil.
● Le vieillissement de la surface.
● La température de fonctionnement.
Pour des contrôles industriels courants, la valeur recommandée pour le ruban utilisé peut être suffisante. Pour une mesure nécessitant une meilleure exactitude, il est préférable d’utiliser un matériau de référence dont l’émissivité est connue ou de vérifier le résultat par une méthode de référence appropriée.
Attribuer systématiquement la même émissivité à toutes les surfaces noires ne garantit pas une mesure précise.
Toutes les surfaces noires peuvent-elles servir de référence ?
Non.
Une surface noire dans le domaine visible n’a pas nécessairement une forte émissivité dans l’infrarouge.
La couleur perçue par l’œil dépend du comportement du matériau aux longueurs d’onde visibles, alors qu’un thermomètre infrarouge fonctionne dans une autre plage spectrale.
Pour la mesure de température, la propriété importante est donc l’émissivité dans la bande spectrale de l’appareil, et non uniquement la couleur apparente.
Dans quelles applications cette méthode est-elle utile ?
Elle est particulièrement adaptée aux surfaces à faible émissivité difficiles à mesurer directement, notamment :
● Acier inoxydable poli.
● Plaques et composants en aluminium.
● Barres omnibus, tuyaux et composants en cuivre.
● Carter métalliques brillants.
● Tuyauteries et surfaces métalliques d’équipements.
● Contrôles de maintenance nécessitant des comparaisons répétées de température.
Par exemple, une barre en cuivre brillant peut fortement réfléchir le rayonnement environnant. Lorsque les conditions de sécurité et d’exploitation le permettent, une zone de référence à forte émissivité améliore généralement la répétabilité des contrôles successifs.
Quand cette méthode n’est-elle pas adaptée ?
Le ruban noir n’est pas une solution universelle.
● Il ne doit pas être utilisé au-delà de sa température maximale admissible.
● Sur une surface dont la température varie rapidement, l’inertie thermique du ruban peut produire un retard de mesure.
● Les pièces en rotation, les lignes de production rapides ou les surfaces sur lesquelles aucun ruban ne peut être appliqué ne sont généralement pas adaptées.
● Les environnements alimentaires, pharmaceutiques ou de salle propre peuvent interdire l’utilisation de matériaux adhésifs.
● Pour les mesures de très haute précision, un ruban électrique courant peut être insuffisant.
● Les bulles d’air, les bords décollés ou un mauvais contact thermique peuvent fausser la mesure.
Pour les métaux à très haute température, les matériaux en fusion ou les procédés rapides, un pyromètre ou un thermomètre infrarouge spécialement adapté est généralement préférable.
Le ruban noir peut-il rendre n’importe quel thermomètre infrarouge précis ?
Non.
Il permet surtout de réduire les erreurs associées aux surfaces à faible émissivité. La précision globale dépend également de :
● La précision intrinsèque du thermomètre.
● Le réglage correct de l’émissivité.
● La distance de mesure et le rapport D:S.
● La taille de la zone recouverte par rapport au spot.
● L’angle de mesure.
● La présence de rayonnement infrarouge de fond important.
● L’adaptation de l’appareil à la température ambiante.
● La stabilité thermique de l’objet.
Le ruban permet donc de réduire une source d’erreur importante, mais pas l’ensemble des incertitudes de mesure.
Pourquoi la mesure peut-elle rester instable malgré le ruban noir ?
Il convient de vérifier les points suivants :
● Le ruban a-t-il atteint un équilibre thermique suffisant ?
● La zone recouverte est-elle plus grande que le spot de mesure ?
● Le réglage d’émissivité est-il adapté au ruban utilisé ?
● La distance de mesure est-elle trop importante ?
● Le ruban présente-t-il des bulles, des plis ou un mauvais contact ?
● La température de l’objet est-elle encore en train de varier ?
● L’appareil a-t-il subi un changement rapide de température ambiante ?
● Une source infrarouge importante, comme un four ou un chauffage, se trouve-t-elle à proximité ?
En présence d’un résultat anormal, modifier continuellement l’émissivité ne doit pas être la première action. L’ensemble des conditions de mesure doit être vérifié.
FAQ
Peut-on appliquer du ruban noir directement sur un métal chaud ?
Uniquement si le ruban est conçu pour la température concernée. Au-delà de sa plage admissible, il peut ramollir, se décoller ou se dégrader.
Un ruban plus noir est-il nécessairement plus précis ?
Non. La couleur visible ne permet pas de déterminer directement l’émissivité infrarouge.
Peut-on mesurer immédiatement après avoir appliqué le ruban ?
En général non. Il faut laisser suffisamment de temps au transfert thermique et attendre que la valeur se stabilise.
Un ruban électrique noir standard peut-il convenir ?
Oui dans de nombreux contrôles industriels courants, à condition de respecter sa plage de température et de ne pas exiger une précision particulièrement élevée. Pour des mesures plus exigeantes, son émissivité doit être connue ou vérifiée.
Pourquoi la zone de ruban doit-elle être plus grande que le spot de mesure ?
Si le spot couvre à la fois le ruban et le métal environnant, le détecteur reçoit un signal infrarouge provenant des deux surfaces, ce qui peut augmenter l’erreur.
Cette méthode convient-elle à l’acier inoxydable, à l’aluminium et au cuivre ?
Oui. Elle est couramment utilisée pour ces métaux à faible émissivité lorsque les conditions thermiques et de sécurité permettent l’application du ruban.
Conclusion
Le ruban noir améliore la mesure infrarouge en créant une zone à émissivité plus élevée et plus stable sur une surface métallique fortement réfléchissante.
Sur l’aluminium, le cuivre, l’acier inoxydable poli et d’autres métaux brillants, une mesure directe peut être fortement influencée par le rayonnement infrarouge réfléchi. L’utilisation d’un ruban adapté, l’attente de l’équilibre thermique et le réglage correct de l’émissivité permettent généralement d’améliorer nettement la stabilité et la fiabilité des résultats.
Cette méthode ne dispense toutefois pas de respecter les autres conditions de mesure : température admissible du ruban, taille du spot, distance, angle de mesure et rayonnement environnant.
Comprender y controlar estas condiciones es más importante que limitarse a introducir un valor fijo de emisividad en el termómetro.














