Introduction
La mesure du bruit peut être nécessaire dans les logements, bureaux, salles de classe, salles de réunion, laboratoires, locaux commerciaux et de nombreux autres environnements intérieurs. Un sonomètre permet de mesurer directement le niveau de pression acoustique, mais une seule valeur instantanée ne suffit pas toujours à représenter correctement l’environnement sonore.
Le champ acoustique intérieur dépend des réflexions sur les murs, le sol et le plafond, mais également de l’activité des occupants, du fonctionnement des systèmes CVC, de l’état des portes et fenêtres et de la position du microphone. Pour obtenir des résultats pertinents et reproductibles, les conditions de mesure doivent donc être aussi constantes que possible et les réglages du sonomètre correctement sélectionnés.
Cet article présente la méthode générale de mesure du bruit intérieur ainsi que les principaux facteurs susceptibles d’influencer les résultats.
Points clés
● Le bruit intérieur est généralement mesuré sous forme de niveau de pression acoustique à l’aide d’un sonomètre.
● La pondération A (dBA) est couramment utilisée pour les évaluations générales du bruit, car elle tient compte de la sensibilité fréquentielle de l’oreille humaine.
● Le microphone ne doit généralement pas être placé trop près des murs, fenêtres, meubles ou autres surfaces réfléchissantes.
● L’état des portes, fenêtres, systèmes CVC et activités humaines doit rester clairement défini pendant les mesures comparatives.
● Lorsque le niveau sonore varie, une seule valeur instantanée n’est pas représentative ; il convient d’observer le bruit pendant une durée suffisante.
● Les mesures destinées à la conformité réglementaire, à l’hygiène professionnelle, à l’acoustique du bâtiment ou à des essais officiels doivent respecter les procédures applicables.
Principe de base de la mesure du bruit intérieur
Le sonomètre utilise un microphone pour détecter les variations de pression de l’air provoquées par le son, puis les convertit en niveau de pression acoustique, généralement exprimé en décibels (dB).
Pour les mesures courantes en intérieur, les résultats sont souvent exprimés en dBA. La lettre « A » indique l’utilisation d’une pondération fréquentielle A, qui adapte la mesure en fonction de la sensibilité de l’oreille humaine aux différentes fréquences.
Les sources sonores intérieures peuvent notamment inclure :
● Les installations de chauffage, ventilation et climatisation ;
● Les ordinateurs, imprimantes et autres équipements de bureau ;
● Les conversations et activités des occupants ;
● Le bruit de circulation provenant de l’extérieur ;
● Les ascenseurs, pompes, ventilateurs et autres équipements techniques ;
● Le bruit transmis depuis des pièces ou étages voisins.
Le sonomètre mesure le niveau de pression acoustique exactement à l’emplacement de son microphone. Des positions différentes dans une même pièce peuvent donc produire des résultats différents.
Que préparer avant de mesurer le bruit intérieur ?
Avant toute mesure, il convient de définir clairement l’objectif. La position du microphone, la durée d’observation et la méthode d’interprétation dépendent de cet objectif.
Pour évaluer l’ambiance sonore générale d’un bureau, les mesures peuvent être réalisées aux emplacements de travail représentatifs. Pour étudier le bruit produit par un climatiseur, il peut être utile de comparer les niveaux avec l’équipement en fonctionnement puis à l’arrêt. Si l’objectif est d’évaluer le bruit routier pénétrant dans le bâtiment, l’état des portes et fenêtres doit également être précisé.
Avant la mesure :
● Vérifier l’état des piles ou de la batterie du sonomètre ;
● Contrôler le microphone et, si nécessaire, la bonnette anti-vent ;
● Sélectionner une plage de mesure adaptée ;
● Effectuer, lorsque cela est nécessaire, une vérification avec un calibreur acoustique ;
● Noter l’usage de la pièce, l’état des portes et fenêtres et les principales sources de bruit ;
● Définir les positions et la durée des mesures.
Pour des mesures comparatives répétées, les réglages de l’appareil et les conditions ambiantes doivent être reproduits aussi fidèlement que possible.
Comment régler le sonomètre ?
Pour une évaluation générale du bruit intérieur, la pondération A est couramment utilisée.
La réponse temporelle doit être sélectionnée selon la variation du bruit. Les réglages les plus courants sont FAST et SLOW.
FAST réagit rapidement aux variations du niveau sonore et convient à l’observation de bruits changeant rapidement.
SLOW produit un affichage plus stable et convient davantage aux bruits relativement constants ou évoluant lentement.
Par exemple, SLOW peut être adapté au bruit continu d’un système de ventilation, d’un ventilateur ou au bruit de fond. FAST permet davantage d’observer les fermetures de portes, les impacts ou d’autres événements sonores brefs.
Certains sonomètres numériques proposent également les fonctions MAX Hold, mémorisation des valeurs minimale et maximale ou enregistrement des données.
Comment choisir la position de mesure ?
La position du microphone est l’un des principaux facteurs influençant le résultat.
Pour une étude générale, le microphone doit être placé à un endroit représentatif et, dans la mesure du possible, éloigné des murs, vitrages, plans de travail, armoires ou autres grandes surfaces réfléchissantes.
Le son se réfléchit sur les murs, plafonds, sols et éléments de mobilier. Le son direct et le son réfléchi peuvent se combiner et modifier le niveau de pression acoustique à certains endroits.
En pratique :
● Éviter de placer le microphone directement contre un mur ou une fenêtre, sauf exigence spécifique de la méthode d’essai ;
● Ne pas poser le sonomètre directement sur une machine ou une surface vibrante ;
● Maintenir l’opérateur à une distance suffisante du microphone afin de limiter les réflexions provoquées par le corps ;
● Pour évaluer le bruit perçu par les occupants, placer le microphone à une hauteur représentative de la position de l’oreille ;
● Dans les grandes pièces, effectuer des mesures en plusieurs points représentatifs.
Pour les essais normalisés ou les évaluations formelles en acoustique du bâtiment, les positions et distances par rapport aux surfaces réfléchissantes doivent être définies selon la méthode applicable.
Comment effectuer correctement une mesure de bruit intérieur ?
Une fois les réglages et les positions définis, la mesure peut commencer.
Une procédure cohérente est recommandée :
● Mettre le sonomètre sous tension et vérifier son bon fonctionnement ;
● Sélectionner la pondération A et la réponse FAST ou SLOW selon l’objectif ;
● Positionner le microphone au point prévu ;
● Maintenir l’appareil stable pendant la mesure ;
● Attendre que l’affichage se stabilise et observer les variations ;
● Ne pas noter uniquement une valeur instantanée isolée ;
● Relever, selon les besoins, les valeurs stables, maximales, minimales ou l’évolution temporelle ;
● Conserver les mêmes réglages lors de mesures en plusieurs points ;
● Noter les conditions ambiantes à la fin de l’essai.
Lorsque le bruit varie en permanence en raison de la circulation, des occupants ou de machines intermittentes, quelques secondes de mesure sont rarement suffisantes. Une période d’observation plus longue est préférable.
Pourquoi faut-il mesurer plusieurs fois ?
Le niveau sonore d’un espace intérieur est rarement parfaitement constant.
Un bureau peut présenter un faible niveau de fond en l’absence de conversations, puis devenir nettement plus bruyant lors du démarrage d’une imprimante, d’un compresseur de climatisation ou lorsque plusieurs personnes parlent.
Pour caractériser correctement l’environnement sonore, il peut être utile de mesurer dans plusieurs conditions :
● Pièce inoccupée afin d’évaluer le bruit de fond ;
● Utilisation normale de la pièce ;
● Principaux équipements en fonctionnement ;
● Principaux équipements à l’arrêt ;
● Différentes positions dans la pièce.
La comparaison de ces données aide à identifier les principales sources de bruit.
Comment mesurer le bruit d’un climatiseur, d’un ventilateur ou d’un autre équipement ?
Lorsqu’un équipement particulier est suspecté d’être une source de bruit importante, une mesure comparative est utile.
Mesurez d’abord le niveau lorsque l’équipement fonctionne normalement. Si les conditions le permettent, arrêtez ensuite l’équipement et répétez la mesure au même endroit avec les mêmes réglages.
Par exemple :
● Climatiseur en fonctionnement : relever le niveau sonore ;
● Climatiseur à l’arrêt : relever le bruit de fond ;
● Comparer les deux conditions.
Les décibels utilisent une échelle logarithmique. Ils ne peuvent donc pas être additionnés ou soustraits comme des valeurs linéaires ordinaires.
Pour déterminer avec précision le niveau propre à une source particulière, une correction appropriée du bruit de fond doit être appliquée. Il ne faut pas simplement soustraire la valeur du bruit de fond à la valeur mesurée en fonctionnement.
Les portes et fenêtres doivent-elles être ouvertes ou fermées ?
Cela dépend de l’objectif de la mesure.
Pour évaluer le bruit dans les conditions normales d’utilisation, les portes et fenêtres doivent être placées dans leur configuration habituelle. Si les fenêtres restent normalement fermées, elles doivent également l’être pendant la mesure.
Pour étudier l’influence du bruit extérieur, il est possible de comparer :
● Portes et fenêtres fermées ;
● Portes et fenêtres ouvertes ;
● Les résultats obtenus dans les deux configurations.
L’essentiel n’est pas de toujours fermer les ouvertures, mais de définir et de consigner clairement les conditions.
Des mesures réalisées fenêtres fermées ne doivent pas être comparées directement à d’autres mesures réalisées fenêtres ouvertes sans tenir compte de cette différence.
Quelles sont les principales sources d’erreur ?
De nombreux facteurs peuvent influencer les mesures de bruit intérieur.
Mesure trop proche d’un mur
Les réflexions peuvent modifier le niveau mesuré et rendre le résultat moins représentatif.
Mesure manuelle instable
Des déplacements permanents du sonomètre ou la présence des mains et du corps trop près du microphone peuvent influencer le résultat.
Durée de mesure insuffisante
Lorsque le niveau fluctue, une observation de quelques secondes peut tomber sur une valeur exceptionnellement élevée ou faible.
Plage de mesure inadaptée
Avec un appareil à sélection manuelle de plage, le niveau réel doit se situer dans la plage de mesure valide.
Bruit de fond non pris en compte
Lors de la mesure d’une machine, le microphone reçoit également les sons produits par les systèmes CVC, la circulation, les personnes et les autres équipements.
Conditions de mesure non reproductibles
L’état des portes et fenêtres, le fonctionnement des équipements, le nombre de personnes et la position de mesure peuvent tous modifier les résultats.
Comment enregistrer les résultats ?
Une simple indication telle que « 55 dB » est généralement insuffisante lorsqu’une comparaison ultérieure est nécessaire.
Il est recommandé de consigner :
● La date et l’heure ;
● La pièce ou la zone mesurée ;
● La position du microphone ;
● Le modèle de sonomètre ;
● La pondération fréquentielle, par exemple A ;
● La réponse temporelle, par exemple FAST ou SLOW ;
● L’état des portes et fenêtres ;
● L’état de fonctionnement des systèmes CVC, ventilateurs et autres équipements ;
● La durée de mesure ;
● Les principaux résultats ;
● Tout bruit inhabituel survenu pendant la mesure.
Ces informations facilitent la reproduction des conditions et permettent de mieux évaluer l’évolution réelle du bruit.
Une application smartphone peut-elle mesurer le bruit intérieur ?
Les applications de mesure du bruit peuvent fournir une indication générale des variations sonores, mais elles ne doivent pas être considérées automatiquement comme équivalentes à un sonomètre professionnel.
Les microphones, circuits audio et algorithmes diffèrent selon les téléphones. De plus, les microphones intégrés sont principalement conçus pour la communication et l’enregistrement audio, et non pour des mesures acoustiques étalonnées.
Ainsi :
● Une application peut être utile pour savoir approximativement si un environnement est calme ou bruyant ;
● Elle peut permettre de repérer des variations importantes dans des conditions similaires ;
● Pour obtenir des données quantitatives fiables, il est préférable d’utiliser un sonomètre étalonné ;
● Les évaluations réglementaires, professionnelles, acoustiques ou officielles doivent utiliser un équipement adapté aux exigences concernées.
Quand faut-il réaliser une mesure acoustique professionnelle ?
Un sonomètre généraliste convient à de nombreuses inspections, opérations de maintenance et études préliminaires. Toutefois, certaines applications nécessitent une méthode plus rigoureuse.
C’est notamment le cas pour :
● L’évaluation de l’isolation acoustique des bâtiments ;
● L’évaluation de l’exposition professionnelle au bruit ;
● Les contrôles de conformité environnementale ;
● La réception acoustique des systèmes CVC ;
● Les litiges liés au bruit résidentiel ;
● Les essais acoustiques de produits ;
● Les projets nécessitant un rapport officiel.
Ces applications peuvent nécessiter des positions de microphone définies, des durées de mesure spécifiques, une correction du bruit de fond, une analyse fréquentielle, la mesure du niveau sonore continu équivalent et l’utilisation de sonomètres de classe 1 ou de classe 2. La méthode doit être choisie en fonction de l’objectif et des exigences applicables.
FAQ
Quelle unité utilise-t-on pour le bruit intérieur ?
Le bruit intérieur général est souvent exprimé en dBA, c’est-à-dire en niveau de pression acoustique pondéré A. Le paramètre à utiliser dépend toutefois de l’objectif de la mesure.
Faut-il utiliser FAST ou SLOW ?
FAST convient aux sons dont le niveau varie rapidement. SLOW offre un affichage plus stable pour les bruits relativement constants. Le choix dépend du comportement du bruit et de l’objectif de l’essai.
Peut-on poser le sonomètre sur une table ?
Il est préférable de ne pas le placer directement sur une surface susceptible de vibrer. Il faut également éviter, si possible, de positionner le microphone trop près d’une grande surface réfléchissante. Un trépied peut être utilisé pour maintenir une position fixe.
Faut-il mesurer au plus près de la source ?
Non. La bonne distance dépend de l’objectif. Pour évaluer le bruit auquel les occupants sont réellement exposés, les mesures doivent être effectuées aux emplacements représentatifs. Les essais d’équipements peuvent imposer des distances spécifiques.
Pourquoi les valeurs diffèrent-elles selon l’endroit dans la pièce ?
Le champ acoustique intérieur résulte de la combinaison du son direct, des réflexions et de plusieurs sources. Cette combinaison varie avec la position, ce qui explique les différences de niveau.
Un seul point de mesure suffit-il ?
Un point représentatif peut suffire pour un contrôle simple. Dans une grande pièce, un environnement acoustique complexe ou une évaluation portant sur l’ensemble de la zone, plusieurs points sont recommandés.
Conclusion
La mesure correcte du bruit intérieur ne consiste pas simplement à placer un sonomètre dans une pièce et à lire une valeur en décibels. La position de mesure, la pondération A, la réponse FAST/SLOW, l’état des portes et fenêtres, le fonctionnement des équipements, la durée de mesure et les réflexions acoustiques influencent tous le résultat.
Pour les contrôles courants dans les logements, bureaux, salles de classe ou locaux commerciaux, il est recommandé de mesurer à des emplacements représentatifs, de répéter les mesures lorsque cela est nécessaire et de maintenir les conditions aussi constantes que possible. La consignation du moment, de la position, des réglages et de l’environnement améliore fortement la comparabilité des données.
Pour les mesures destinées à la conformité réglementaire, à la sécurité au travail, à l’acoustique du bâtiment ou à une validation officielle, les exigences applicables concernant la classe de l’instrument, la position, la durée et le traitement des données doivent être respectées.
















